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Septembre au jardin : et si vous prépariez un tas de compost ?

 

Introduction🌱

Septembre est souvent un mois charnière au jardin. L’été touche doucement à sa fin, certaines cultures arrivent au terme de leur cycle tandis que les plantations d’automne prennent leur place, et les premières feuilles commencent parfois à se détacher des arbres. Le jardin produit alors une quantité importante de matières organiques qu’il serait dommage de considérer comme de simples déchets.

C’est justement une période particulièrement intéressante pour démarrer un nouveau tas de compost ou rééquilibrer celui qui est déjà en place. Les résidus du potager, les tontes de fin de saison, les tailles, les tiges sèches et bientôt les feuilles mortes offrent une grande diversité de matières. Or, cette diversité est précisément ce qui permet au compost de bien fonctionner.

Le compost n’est pas simplement un moyen de faire disparaître nos déchets de jardin. C’est avant tout une façon d’accompagner la transformation naturelle de la matière organique, afin qu’elle puisse retourner progressivement dans le cycle du vivant.

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🌱 Un compost pour rendre à la terre ce qu’elle nous a donné

Pendant toute la saison, les plantes ont puisé dans le sol de l’eau et des éléments minéraux pour construire leurs racines, leurs feuilles, leurs fleurs et leurs fruits. Une partie de cette matière quitte ensuite le jardin lorsque nous récoltons nos légumes.

Mais tout ce qui reste sur place n’est pas perdu. Les feuilles, les tiges, les racines, les fruits abîmés et les autres résidus végétaux constituent au contraire une ressource pour les organismes qui vont les décomposer.

C’est là que le compostage devient intéressant. En rassemblant différentes matières organiques dans des conditions favorables d’humidité et d’aération, nous créons un milieu dans lequel bactéries, champignons, petits organismes du sol et autres décomposeurs vont progressivement transformer cette matière.

Le compost obtenu n’est donc pas simplement un « engrais maison ». Il représente surtout une matière organique transformée, que l’on peut ensuite restituer au sol. En le réintroduisant dans le jardin, nous participons ainsi à la circulation de la matière plutôt qu’à son exportation systématique.

Cette manière de voir le compost change aussi notre façon de considérer les déchets du jardin : une tige sèche, une poignée de feuilles ou une tonte ne sont plus quelque chose dont il faut se débarrasser, mais une matière première pour le fonctionnement futur du sol.

Que mettre dans son compost en septembre ?

Septembre est particulièrement intéressant parce que les matières disponibles sont très variées. C’est le moment où l’on peut commencer à préparer un mélange équilibré qui continuera à évoluer pendant les semaines et les mois suivants.

On distingue souvent les matières riches en azote, généralement appelées « matières vertes », et les matières riches en carbone, appelées « matières brunes ». Cette distinction est utile pour comprendre le fonctionnement du compost, mais il ne faut pas la transformer en règle rigide : toutes les matières vertes ne contiennent pas exactement la même quantité d’azote et toutes les matières brunes ne sont pas équivalentes.

Les matières vertes comprennent notamment les restes de légumes et de fruits, les résidus frais du potager, les jeunes adventices avant montée en graines ou encore les tontes de gazon. Elles sont généralement humides et se décomposent rapidement.

Les matières brunes regroupent plutôt les feuilles mortes, les tiges sèches, la paille, les branches broyées, les petits résidus ligneux ou encore certains cartons bruns non imprimés. Elles apportent davantage de carbone et contribuent à donner de la structure au tas.

L’important n’est donc pas de mesurer précisément chaque apport, mais de rechercher une diversité de matières et d’éviter que le compost soit constitué majoritairement d’un seul type de déchet.

Une grande quantité de tontes fraîches apportée d’un seul coup, par exemple, risque de former une masse compacte, humide et pauvre en oxygène. À l’inverse, un tas composé presque exclusivement de feuilles sèches ou de broyat très ligneux évoluera beaucoup plus lentement.

C’est pourquoi septembre est une bonne période pour anticiper l’arrivée des feuilles mortes et conserver à proximité du composteur une réserve de matières sèches. Elles seront particulièrement utiles pour équilibrer les apports plus humides de l’automne et de l’hiver.

Le compostage thermique : accélérer et sécuriser la décomposition

Il existe plusieurs façons de composter. Le compostage lent, dans lequel on ajoute régulièrement de petites quantités de matières et où le tas évolue tranquillement au fil des mois, fonctionne très bien. Il n’est absolument pas nécessaire de rechercher systématiquement une montée en température.

Mais il est également possible de conduire son tas de manière plus dynamique grâce au compostage à chaud, également appelé compostage thermophile.

Le principe consiste à réunir, sur une période relativement courte, une quantité suffisante de matières variées pour permettre aux microorganismes de se multiplier rapidement. Leur activité intense produit alors de la chaleur et la température du tas peut monter fortement.

Lorsque les conditions sont réunies, le cœur du compost peut atteindre plus de 50 °C et parfois dépasser 60 °C. Cette phase thermophile accélère considérablement la décomposition de certaines matières et contribue également à l’hygiénisation du compost.

Mais attention à ne pas considérer la température comme l’unique objectif. Un compost à 70 °C n’est pas nécessairement « meilleur » qu’un compost à 55 °C. Une température excessivement élevée peut même réduire la diversité des organismes présents dans le tas. Le but n’est donc pas de faire le compost le plus chaud possible, mais de créer des conditions favorables à une activité biologique intense et équilibrée.

🔥 Les avantages du compostage thermique

Le principal intérêt du compostage à chaud est sa rapidité. Lorsque le tas est suffisamment volumineux, bien équilibré, correctement humidifié et régulièrement aéré, la transformation des matières peut être beaucoup plus rapide que dans un composteur alimenté au fil de l’eau.

Cette méthode peut également contribuer à l’hygiénisation du compost. La chaleur produite au cœur du tas peut réduire fortement certains organismes indésirables et diminuer la viabilité d’une partie des graines d’adventices, à condition que l’ensemble du tas ait effectivement été exposé aux bonnes conditions pendant suffisamment longtemps.

C’est notamment pour cette raison que le brassage est important : les matières situées à l’extérieur du tas doivent pouvoir passer à leur tour dans la partie chaude.

Le compostage à chaud ne signifie donc pas simplement « faire chauffer un tas ». Il s’agit de gérer activement plusieurs paramètres : la composition, le volume, l’humidité et l’oxygénation.

⚖️ L’équilibre des matières : la clé

On entend parfois qu’il faudrait mélanger exactement un volume de matières vertes pour deux volumes de matières brunes. Cette proportion peut constituer un repère intéressant pour débuter, mais elle ne doit pas être considérée comme une recette universelle.

Un broyat de branches très ligneux n’a pas la même composition qu’un carton brun, tout comme une tonte fraîche n’est pas comparable à une poignée de feuilles mortes. Le rapport carbone/azote varie énormément d’une matière à l’autre.

Le plus simple est donc d’observer son tas.

Si le compost devient très humide, compact, malodorant ou semble manquer d’air, il faut généralement apporter davantage de matières sèches et structurantes, comme du broyat ou des feuilles mortes.

À l’inverse, si le tas reste très sec et ne semble pratiquement pas évoluer, il peut manquer d’humidité ou de matières facilement dégradables.

Le composteur nous apprend ainsi quelque chose d’essentiel : il n’existe pas une recette unique, mais un équilibre à rechercher en observant ce qui se passe réellement dans le tas.

📏 La taille du tas

Le compostage à chaud nécessite également une masse suffisante de matières. Un petit tas perd très rapidement sa chaleur vers l’extérieur et aura donc davantage de difficultés à maintenir une température élevée.

Un volume d’environ 1 m³ constitue un bon ordre de grandeur pour démarrer un compostage à chaud, même si le résultat dépendra de nombreux facteurs : nature des matières, saison, humidité, exposition, forme du tas et qualité de l’aération.

C’est une différence importante avec le compostage classique. Lorsque l’on dépose simplement quelques épluchures ou quelques poignées de feuilles dans un petit composteur, il est parfaitement normal que le tas ne chauffe pas. Cela ne signifie pas que le compostage ne fonctionne pas : la décomposition peut simplement se dérouler plus lentement et à une température beaucoup plus proche de celle du milieu extérieur.

💧L’humidité

L’eau est indispensable à l’activité des microorganismes. Un compost trop sec ralentit fortement la décomposition, tandis qu’un compost saturé en eau manque d’oxygène et risque de fonctionner dans de mauvaises conditions.

Pour vérifier simplement l’humidité, on peut prendre une poignée de matière et la presser.

Si elle semble légèrement humide et que quelques gouttes apparaissent éventuellement entre les doigts, l’humidité est généralement satisfaisante. Si la matière dégouline, le tas est probablement trop humide et il faudra incorporer des matières sèches et structurantes. À l’inverse, si la matière est complètement sèche et poussiéreuse, un apport d’eau pourra être nécessaire.

Il ne faut cependant pas arroser systématiquement le compost. Les matières fraîches apportent déjà beaucoup d’eau et les pluies d’automne peuvent parfois suffire largement. Là encore, observer avant d’intervenir permet d’éviter de déséquilibrer inutilement le processus.

🔄 Le brassage

Un compost bien conduit est un compost dans lequel l’air peut circuler. Les microorganismes responsables de la décomposition ont besoin d’oxygène et un tas trop compact risque rapidement de s’asphyxier.

C’est notamment le problème que l’on rencontre avec les tontes de gazon lorsqu’elles sont accumulées en couche épaisse : elles se tassent, retiennent beaucoup d’eau et peuvent rapidement fermenter.

L’ajout de matières structurantes comme le broyat, les petites branches ou les tiges sèches permet de créer des espaces entre les différentes matières et facilite la circulation de l’air.

Dans un compostage à chaud conduit activement, le retournement du tas permet également de réintroduire de l’oxygène et de remettre en contact les matières avec les zones où l’activité microbienne est la plus intense.

Il n’est toutefois pas nécessaire de retourner systématiquement son compost toutes les semaines. Chaque brassage représente aussi une perturbation du milieu et une dépense d’énergie pour le jardinier. Un tas bien structuré peut évoluer avec relativement peu d’interventions.

🌡️ Suivre la température

Si vous souhaitez expérimenter le compostage à chaud, un thermomètre à compost équipé d’une sonde suffisamment longue peut être un outil très intéressant.

Il permet de voir concrètement ce qui se passe à l’intérieur du tas et surtout de comprendre les conséquences de nos interventions.

Une montée rapide de la température indique généralement que l’activité microbienne est importante. Si la température chute fortement alors que le compostage devrait encore être actif, cela peut être le signe d’un manque d’humidité, d’oxygène ou de matières facilement dégradables.

Mais il ne faut pas transformer le thermomètre en objectif absolu.

Un compost vivant ne se résume pas à un chiffre affiché sur un thermomètre. La température n’est qu’un indicateur parmi d’autres et elle évolue naturellement au cours du processus.

⏱️ Le temps de compostage

Si vous souhaitez expérimenter le compostage à chaud, un thermomètre à compost équipé d’une sonde suffisamment longue peut être un outil très intéressant.

Il permet de voir concrètement ce qui se passe à l’intérieur du tas et surtout de comprendre les conséquences de nos interventions.

Une montée rapide de la température indique généralement que l’activité microbienne est importante. Si la température chute fortement alors que le compostage devrait encore être actif, cela peut être le signe d’un manque d’humidité, d’oxygène ou de matières facilement dégradables.

Mais il ne faut pas transformer le thermomètre en objectif absolu.

Un compost vivant ne se résume pas à un chiffre affiché sur un thermomètre. La température n’est qu’un indicateur parmi d’autres et elle évolue naturellement au cours du processus.

🔎 En conclusion

Septembre offre donc une belle occasion de regarder autrement tout ce qui sort du jardin.

Une plante qui termine son cycle n’est pas nécessairement un déchet. Une poignée de feuilles n’est pas à jeter. Une tonte n’a pas forcément besoin de partir à la déchetterie. Une taille peut devenir du broyat.

Toutes ces matières peuvent trouver une place dans les cycles du jardin.

Préparer son compost à cette période de l’année, c’est donc anticiper les nombreux apports qui vont arriver avec l’automne et créer les conditions pour qu’ils puissent être progressivement transformés.

Le compostage nous rappelle que dans la nature, la matière ne disparaît pas : elle change de forme.

Les feuilles deviennent matière organique, les matières organiques sont transformées par les organismes vivants, puis une partie de leurs constituants retourne progressivement dans le sol et participe à de nouveaux cycles de vie.

C’est précisément cette logique qui m’intéresse dans le jardinage avec le vivant : plutôt que de chercher constamment ce qu’il faudrait apporter au jardin, commencer par regarder ce que nous pouvons lui laisser, ce que nous pouvons recycler sur place et comment nous pouvons accompagner les processus qui existent déjà. 🌿

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